Traitement des verrues par les pédicures-podologues : ce que change le décret du 6 juillet 2026

September 14, 2026
Traitement des verrues par les pédicures-podologues : ce que change le décret du 6 juillet 2026 My Podologie
Published on  Updated on  

Un décret publié au Journal officiel du 8 juillet 2026 élargit officiellement les compétences des pédicures-podologues en matière de traitement des verrues du pied. Il autorise désormais le recours à la cryothérapie (azote liquide), une méthode jusque-là réservée aux médecins et dermatologues. Le texte est entré en vigueur le lendemain de sa publication, le 9 juillet 2026.

Voici ce qu'il faut retenir de ce décret n° 2026-601 du 6 juillet 2026, qui modifie l'article R. 4322-1 du Code de la santé publique.


Ce qui change concrètement

Jusqu'à ce décret, l'article R. 4322-1 du Code de la santé publique limitait l'intervention autonome des pédicures-podologues (sans prescription médicale) aux seules verrues plantaires, traitées principalement par des méthodes chimiques (topiques, acides kératolytiques).

Le nouveau texte apporte deux évolutions majeures :

1. Toutes les verrues du pied, pas seulement plantaires

Le mot « plantaires » disparaît de l'article. Les pédicures-podologues peuvent désormais traiter, sans prescription médicale, toutes les verrues localisées sur le pied : sous la plante, sur les orteils ou sur le dessus du pied.

2. L'autorisation des méthodes physiques, dont la cryothérapie

Le décret introduit explicitement la possibilité de traiter les verrues « par méthode chimique ou physique ». Cette formulation vise directement la cryothérapie à l'azote liquide, jusqu'ici largement réservée au corps médical pour ce type d'affection.


Une compétence conditionnée à une formation

Pour garantir la sécurité des soins, l'usage des méthodes physiques (comme la cryothérapie) n'est pas ouvert automatiquement à tous les praticiens. Le décret réserve cette pratique aux pédicures-podologues ayant suivi une formation spécifique, soit :

  • dans le cadre de leur formation initiale menant au diplôme d'État de pédicure-podologue,
  • soit, à défaut, dans le cadre d'une formation complémentaire, selon des conditions qui seront précisées par un arrêté du ministre chargé de la Santé.

En clair : tous les pédicures-podologues ne pourront pas pratiquer la cryothérapie dès l'entrée en vigueur du texte. L'accès à cette technique dépendra de la formation suivie par chaque praticien.


Avant / après : tableau récapitulatif

Élément Avant le décret Après le décret (9 juillet 2026)
Type de verrues concernées Verrues plantaires uniquement Toutes les verrues du pied
Méthodes autorisées Principalement chimiques (topiques) Chimiques et physiques (dont azote liquide)
Condition d'accès à la méthode physique Formation obligatoire (initiale ou complémentaire)


Ce que ça change pour les patients

Concrètement, ce texte simplifie le parcours de soins. Les patients pourront faire traiter leurs verrues du pied directement en cabinet de pédicurie-podologie par cryothérapie, sans devoir obligatoirement passer par une consultation médicale au préalable.


Ce que ça implique pour les cabinets

Si cette évolution réglementaire est saluée par la profession, elle ne se traduit pas forcément par une adoption immédiate dans tous les cabinets. La mise en pratique suppose en effet :

  • l'acquisition du matériel de cryothérapie et son stockage,
  • l'approvisionnement régulier en azote liquide,
  • le respect de contraintes de sécurité et de maintenance,
  • et bien sûr, le suivi de la formation requise pour être habilité à pratiquer cette méthode.

La reconnaissance juridique de la compétence est donc une première étape ; son déploiement réel dans les cabinets dépendra de l'équilibre entre l'investissement nécessaire et la fréquence d'utilisation de cet acte.


Les autres techniques de soin des verrues

Ce décret élargit le champ des méthodes autorisées, mais il ne remplace pas les solutions déjà utilisées en cabinet. En pratique, les pédicures-podologues peuvent aujourd'hui s'appuyer sur deux grands types de traitement :

  • Le traitement chimique, avec des produits comme le Vercid du Dr Jouille, à base d'acide glycolique. Utilisé depuis plus de 25 ans en cabinet, il permet d'éliminer l'hyperkératose et les verrues en 2 à 4 applications. Retrouvez le protocole complet et les conseils du Dr Jouille dans notre page Tout savoir sur le Vercid.
  • Le traitement physique par cryothérapie, avec des dispositifs comme le CryoIQ, qui fonctionne au protoxyde d'azote et atteint des températures pouvant descendre jusqu'à -89°C. Consultez notre protocole détaillé pour traiter une verrue plantaire avec le CryoIQ, étape par étape.

Le choix entre ces deux approches dépend du type de verrue, de sa localisation et de la préférence du praticien.

 VOIR TOUS NOS TRAITEMENTS POUR LES VERRUES


Questions fréquentes

Quand ce décret est-il entré en vigueur ? Le décret n° 2026-601 a été publié au Journal officiel le 8 juillet 2026 et est entré en vigueur le lendemain, le 9 juillet 2026.

Les pédicures-podologues peuvent-ils traiter toutes les verrues du pied ? Oui, depuis ce décret, ils peuvent traiter, sans prescription médicale, l'ensemble des verrues du pied (plantaires, sur les orteils ou sur le dessus du pied), et non plus seulement les verrues plantaires.

Tous les pédicures-podologues peuvent-ils pratiquer la cryothérapie ? Non. Seuls ceux ayant suivi une formation spécifique à cette méthode, dans le cadre de leur diplôme d'État ou d'une formation complémentaire encadrée par arrêté ministériel, sont habilités à l'utiliser.

Faut-il une ordonnance pour se faire traiter une verrue par cryothérapie chez un pédicure-podologue ? Non, ce traitement peut être réalisé sans prescription médicale préalable, dans les conditions fixées par l'article L. 4322-1 du Code de la santé publique.

Quel texte de loi encadre cette évolution ? Il s'agit du décret n° 2026-601 du 6 juillet 2026, qui modifie l'article R. 4322-1 du Code de la santé publique, pris en application de l'article L. 4322-1 du même code.


Référence : Décret n° 2026-601 du 6 juillet 2026 (Journal officiel du 8 juillet 2026), modifiant l'article R. 4322-1 du Code de la santé publique.

Leave a comment